« Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux… » Dans les couleurs de Jean-Denis Pendaux, on retrouve l'étouffante chaleur du soleil africain. La seule chaleur capable d'annihiler toute tentative de rébellion au sein d'une caravane d'esclaves en route pour Tombouctou. Dans cette caravane, René Caillié s'est juré d'être le premier Blanc à parcourir les ruelles de cette ville mythique. Clôturant magistralement le récit de voyage d'un aventurier du XVIIe siècle, cette seconde - et dernière - partie de Abdallahi (Futuropolis) met brillamment en scène une large palette de sentiments humains. Où quand un périple homérique se transforme en un cheminement intellectuel vers une autre pensée, celle de l'islam.
jeudi, décembre 07, 2006
Abdallahi
« Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux… » Dans les couleurs de Jean-Denis Pendaux, on retrouve l'étouffante chaleur du soleil africain. La seule chaleur capable d'annihiler toute tentative de rébellion au sein d'une caravane d'esclaves en route pour Tombouctou. Dans cette caravane, René Caillié s'est juré d'être le premier Blanc à parcourir les ruelles de cette ville mythique. Clôturant magistralement le récit de voyage d'un aventurier du XVIIe siècle, cette seconde - et dernière - partie de Abdallahi (Futuropolis) met brillamment en scène une large palette de sentiments humains. Où quand un périple homérique se transforme en un cheminement intellectuel vers une autre pensée, celle de l'islam.
Belem
Est-ce parce qu’il est construit autour de la retranscription des notes rédigés par un jeune mousse lors de son premier voyage à bord d’un trois-mâts que l’album Belem (Glénat) arrive si bien à nous transporter du port de Saint-Nazaire aux cote du Brésil ? Classique dans son découpage et son dessin, Belem possède ce petit supplément d’âme qui fait que l’on n’hésite pas à s’embarquer pour la grande traversée.
mardi, décembre 05, 2006
Les identitaires de Nation
La Flandre n’a pas le monopole en matière d’extrême droite. Dans le sud du pays, les adeptes de l’ordre nouveau sévissent aussi
Bière, chips, croix celtiques et drapeaux belges punaisés aux murs… Quand les jeunes du mouvement Nation organisent une journée de formation, suivie d’une « soirée amicale pour récompenser les militants les plus actifs », ils n’hésitent pas à publier un reportage photo de l’événement sur le site Internet du mouvement. Fiers de leur appartenance à la « race européenne », ils pensent même à pixelliser leur visage pour être certains d’être méconnaissables sur les photos. Du coup, entre les bombers noirs, les jupes des copines taillées dans un treillis, les bretelles et les crânes impeccablement rasés (ils sont décidément adeptes des clichés), on n’arrive pas à distinguer grand-chose. Ces gens auraient-ils quelque chose à se reprocher ?
Officiellement, non. Bien en vue sur le site, un communiqué explique d’ailleurs que, « suite à l’affaire du réseau "terroriste" au sein des forces armées belges et face aux amalgames qui commencent à se faire dans divers médias, le mouvement tient à préciser que Nation n’est en rien concerné par l’enquête judiciaire en cours contre le groupe dénommé BBET/Blood & Honour et qu’il n’a pas de liens structurels ou organisationnels avec ce groupe». Par contre, comme on peut également le lire sur le site du mouvement, Nation soutient les soupes identitaires (des soupes populaires à base de porc pour en exclure les SDF d’origine juive et musulmane), Nation prône « la lutte contre l’islamisme et l’implantation massive des desperados du Coran dans notre pays », Nation exige la mise en place d’un centre dont une des missions consisterait à relever les empreintes digitales des Belges dès l’âge de 10 ans, Nation rappelle que « l’arrivée massive d’une jeunesse issue de l’immigration est certainement une des causes majeures d’un grand nombre des problèmes apparus récemment dans le monde de l’enseignement »…
Finalement, en parcourant leurs écrits, on comprend pourquoi les membres de Nation se cachent le visage: ils ont probablement peur de passer pour des fachos.
vendredi, décembre 01, 2006
Une vie de dessin
Parcourir Entracte (Editions Daniel Maghen), c’est, un peu, prendre le chemin de l’atelier d’André Juillard. Pour nous, le chef de file de la bande dessinée historique a sorti ses cartons à dessins dans lesquels sont rangées plus de trente années de travail. De ses grandes fardes, il retire des planches, des croquis, des projets de couverture, ou encore des études préparatoires…Il gratifie ensuite chaque illustration d’une anecdote ou d’une confidence qui permet de redécouvrir certains de ses albums avec un regard neuf. 
Au fur et à mesure que les pages d’Entracte défilent, on a la confirmation que le scénariste de l’indémodable série Les 7 vies de l’épervier possède un sérieux coup de crayon. Mais pas seulement. Quand ils ne caressent pas de sculpturales naïades, fusain, lavis et aquarelles donnent vie à de preux chevaliers ou à de poussiéreux cow-boys. Chez Juillard, en l’absence de contrainte imposée par récit, la ligne simple et classique de la BD peut se doubler d’un trait plus dense et plus nerveux.
Que ce soit au scénario ou au dessin, André Juillard est un maître du neuvième art. S’il le fallait encore, cette biographie en images de 432 pages est là pour le prouver.
mardi, novembre 28, 2006
L’impossible fuite

A Budapest en 1944, les petites filles juives sont obligées de remettre leurs animaux de compagnie aux autorités d’occupation nazies. Ensuite, elles aident leur maman à établir la liste de leurs biens avant de prendre un train pour une destination dont elles ne reviendront pas. Dans un crayonné nerveux, où la couleur n’intervient que pour de brèves incursions dans le présent, Seules contre tous (Seuil) relate la fuite éperdue d’une fillette et de sa mère à travers la Hongrie. Dans la veine de l’indétrônable Maus de Art Spiegelman, le roman graphique autobiographique de Miriam Katin puise dans la mémoire familiale pour tenter de raconter la barbarie. Attachante et prenante, l’histoire de la petite Miriam souffre parfois d’un traitement graphique trop esthétisant.
lundi, novembre 27, 2006
jeudi, novembre 23, 2006
Une famille (presque) ordinaire
Auteur culte des communautés gay et lesbiennes, Alison Bechdel a longtemps écrit et dessiné dans des journaux alternatifs. Fun Home, Une tragicomédie familiale (Denoël Graphic) va probablement bouleverser cette donne. Dans un dessin clair, presque enfantin, la jeune artiste raconte sa jeunesse. Elle parle de sa famille régentée par un père qui n’avouera jamais clairement son homosexualité à ses enfants. Il faudra attendre sa mort brutale, à 44 ans, pour que les non-dits cessent, finalement, d’être l’unique ciment de la famille. Humaine, jamais moralisante, cette brillante autobiographie dessinée est avant tout une formidable lettre d’amour posthume d’une fille à son père. Et tant pis si Alison Bechdel ne partage pas cet avis.
Licenciée pour photos pornos
Si le comportement de l’institutrice paraît à tout le moins léger – comment a-t-elle pu imaginer un seul instant que ces photographies allaient passer inaperçues ? –, son geste reste du domaine de la vie privée. Fallait-il, dès lors, le sanctionner aussi lourdement ?
Dignité... Ta soeur!
VW Forest liquide 4000 emplois et les responsables syndicaux admirent "la dignité dont font preuve les travailleurs"... Dans le même temps, la direction de Volkswagen annonce qu'elle comprend la réaction du personnel après l'annonce de la restructuration, mais souhaite "un retour le plus rapide possible à une situation calme, afin que la production de 2006 puisse reprendre". Je ne sais pas pour vous, mais moi, le mot dignité, il commence à me pomper sérieux!
mercredi, novembre 22, 2006
Le grand écart de Google
Défenseur acharné de la vie privée de ses utilisateurs américains, Google se montre moins regardant en Chine où il accepte de censurer son moteur de recherche
« Droit de l’homme », « Tibet » ou « démocratie » n’évoquent rien à la version chinoise du moteur de recherche Google. Pas le moindre petit frétillement dans les liens, aucune adresse ne semble trouver grâce à ses yeux. Et pour cause! Le géant américain de l’Internet a fait savoir que, pour pouvoir travailler dans le Céleste Empire, il avait, «en application avec la législation et la réglementation locale, retiré certains contenus des résultats de recherches obtenus sur Google.cn ». En termes moins diplomatiques, Google se censure et accepte de verrouiller l’accès à des sites interdits par les autorités.
On a pourtant connu la société californienne moins souple avec d’autres pays des dans lesquels elle dispose d’une version locale de son site. Ainsi, Google - la marque la plus influente de la planète, selon un sondage de la firme Interbrand - a refusé de donner suite aux requêtes du département américain de la Justice lui demandant de fournir la liste de certains sites (pédophiles) visités depuis son moteur de recherche. Pour l’association Reporters sans frontières (RSF), la position de Google sur le respect de la confidentialité des internautes américains apparaît comme un « comble d’hypocrisie à la lumière de sa stratégie chinoise ». Dans un communiqué, Google a fait savoir que « si filtrer l’information va à l’encontre de ses principes, il serait bien pire de ne pas fournir d’information du tout aux internautes chinois ». D’autant que MSN et Yahoo! n’ont jamais eu de scrupule en la matière. Selon RSF, Yahoo! collabore depuis trois ans déjà avec les services de censure locaux. Google, Microsoft et Yahoo ! vont d’ailleurs l'objet d'une enquête menée par un comité du Congrès américain sur la censure de leurs services Internet en Chine. En attendant, l’internaute chinois pourra toujours trouver ses informations en utilisant des méta-moteurs. En sous-traitant leurs requêtes vers plusieurs sites de recherche, ceux-ci empêchent l’identification de l’utilisateur.
Loin de son image d’entreprise éthique et cool, Google joue sans état d’âmes la carte du business dans le dossier chinois. Alors qu’aux Etats-Unis l’entreprise sait qu’elle doit tenir compte de l’avis des utilisateurs – un récent sondage montre que 40 % des utilisateurs quitteraient Google s'ils avaient la preuve que leurs recherches en ligne ne restent pas anonymes –, elle n’oublie pas qu’il lui faut absolument entrer dans les bonnes grâces du pouvoir chinois pour espérer percer dans un marché où la barre des 111 millions d'internautes vient d’être dépassée. Quitte, par la suite, à modifier sa politique de collaboration avec les autorités de Pékin. Sur Google, le mot pragmatique donne 3 millions de résultats et moi, et moi, et moi. J’y pense et puis j’oublie …
mardi, novembre 21, 2006
BD - Dieu que l’amour est triste
Chez Miguelanxo Prado, les amants ne se regardent pas dans les yeux. De couple, ils n’ont que le nom : dans une chambre au lit à peine froissée, l’homme, la tête baissée, réajuste son nœud de cravate pendant que, pensive, la femme semble attendre un geste, une parole qui n’arrivera pas. En huit récits mélancoliques, Après l’Amour (Casterman) esquisse une série de rendez-vous ratés, des histoires dont on sait d’avance qu’elles se termineront par le départ de l’un des deux protagonistes. Avec cet album sobre, tout en délicatesse, Prado, en témoin de nos faiblesses et vulnérabilités, rappel qu’après l’amour ne vient pas forcément le beau temps. jeudi, août 17, 2006
Oiseau moqueur
Tiens, pour une fois, je vais me la jouer Pivot. Si ces longues soirées d'été glaciales (ben oui, il pleut ici) vous semblent interminables, je vous conseille vivement la lecture du roman "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" de Nelle Harper Lee. Cette brave dame qui doit afficher aujourd'hui plus de 80 printemps, a écrit ce roman en 1961 et a décroché le Pulitzer l'année suivante. Depuis, elle n'a plus rien écrit, et c'est bougrement dommage.Résumé de quatrième de couverture : « Dans une petite ville d'Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort. »
Pour le reste, j'ai rarement croisé dans mes lectures des personnages aussi attachants et tendres que Atticus Finch.
jeudi, août 10, 2006
"Poil dans la main, payé à rien foutre..."
mardi, août 08, 2006
Des fois, je bosse...
mardi, mars 21, 2006
jeudi, février 02, 2006
On avait dit communication...
mercredi, janvier 11, 2006
Survivre et mourir
A une dizaine de kilomètres de Mogadiscio, dans une sorte de village retranché derrière des barbelés, se trouve les installations du dispensaire de l'ONG SOS-Kinderdorf. Dans un pays sans ressource, et donc sans aucun intérêt pour la communauté internationale, ce genre de dispensaire est le seul endroit où la population locale peut espérer recevoir des soins. L'espoir y joue souvent avec la mort, un jeu cruel et pipé...
jeudi, janvier 05, 2006
Somaliland
Au Kenya, l'aeroport de Jomo Kenyatta Internatonal sert de base arrière pour les avions d'aviation sans frontière. Ceux-ci desservent quotidiennement la Somalie et notamment Mogadiscio (Black Hawk Down, pour ceux qui connaissent), une ville où les seigneurs de guerre règlent leurs différends à coup de fusil automatique. Une fois sorti de l'avion, on ne peut se déplacer dans la région qu'avec une escorte armée.






