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jeudi, mars 29, 2007

Les Yeux de Leïla

Kessel, Saint Ex, Théodore Monod, et même les Scorpions du désert, de Hugo Pratt… Les références ne manquent pas quand il s’agit d’évoquer Les yeux de Leïla (Vents d’Ouest). Se limiter à ces seules évocations ne rendrait cependant pas hommage au travail de Jérôme Heydon. D’un trait simple, en déclinaisons chromatiques aussi tranchées que la chaleur ou le froid du Sahara, il réussit à esquisser l’amour, pas moins.
L’amour du désert, bien sur. L’amour des tribus targuies aussi. Mais surtout l’amour d’une femme : le seul capable de transformer un jeune écrivain en quête d’aventures en homme de doutes et de questions.
C’est fin, léché et bien construit. Si ce n’est pas du Delacroix, ça y ressemble parfois.

jeudi, décembre 14, 2006

Christophe Chabouté

Sous la lune, quand les lapins blancs sont noirs et que les loups bruns deviennent gris, il y a du Christophe Chabouté dans l’air. Prince du noir et blanc, le dessinateur alsacien voit ses premiers albums (Sorcières, Zoé, Pleine Lune et La Bête) réédités dans une intégrale (Vents d’Ouest) à couper le souffle. Difficile, en effet, de lâcher ces 500 pages où le fantastique prend racine dans un quotidien qui tient parfois du théâtre d’ombres chinoises. Bois sombres, bleds perdus ou paysages campagnards asphyxiés par un trop lourd manteau de neige, la fantasmagorie perce à chaque case. Denses et captivantes, les histoires de Chabouté sont à ranger précieusement entre les œuvres de Pratt et Comès. C’est dire…