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mardi, décembre 05, 2006

Les identitaires de Nation

La Flandre n’a pas le monopole en matière d’extrême droite. Dans le sud du pays, les adeptes de l’ordre nouveau sévissent aussi

Bière, chips, croix celtiques et drapeaux belges punaisés aux murs… Quand les jeunes du mouvement Nation organisent une journée de formation, suivie d’une « soirée amicale pour récompenser les militants les plus actifs », ils n’hésitent pas à publier un reportage photo de l’événement sur le site Internet du mouvement. Fiers de leur appartenance à la « race européenne », ils pensent même à pixelliser leur visage pour être certains d’être méconnaissables sur les photos. Du coup, entre les bombers noirs, les jupes des copines taillées dans un treillis, les bretelles et les crânes impeccablement rasés (ils sont décidément adeptes des clichés), on n’arrive pas à distinguer grand-chose. Ces gens auraient-ils quelque chose à se reprocher ?

Officiellement, non. Bien en vue sur le site, un communiqué explique d’ailleurs que, « suite à l’affaire du réseau "terroriste" au sein des forces armées belges et face aux amalgames qui commencent à se faire dans divers médias, le mouvement tient à préciser que Nation n’est en rien concerné par l’enquête judiciaire en cours contre le groupe dénommé BBET/Blood & Honour et qu’il n’a pas de liens structurels ou organisationnels avec ce groupe». Par contre, comme on peut également le lire sur le site du mouvement, Nation soutient les soupes identitaires (des soupes populaires à base de porc pour en exclure les SDF d’origine juive et musulmane), Nation prône « la lutte contre l’islamisme et l’implantation massive des desperados du Coran dans notre pays », Nation exige la mise en place d’un centre dont une des missions consisterait à relever les empreintes digitales des Belges dès l’âge de 10 ans, Nation rappelle que « l’arrivée massive d’une jeunesse issue de l’immigration est certainement une des causes majeures d’un grand nombre des problèmes apparus récemment dans le monde de l’enseignement »…

Finalement, en parcourant leurs écrits, on comprend pourquoi les membres de Nation se cachent le visage: ils ont probablement peur de passer pour des fachos.

lundi, novembre 27, 2006

Question à 2 francs six sous



Peut-on vraiment rire de tout? C'est juste une question, hein...

jeudi, novembre 23, 2006

Licenciée pour photos pornos

Une jeune institutrice d’une école communale de l’entité d’Ham-sur-Heure/Nalinnes a eu la malheureuse idée de poser nue pour un reportage très chaud publié dans une revue pornographique française. Un parent d’élève a reconnu l’enseignante de 2e primaire et en a informé la direction. Choqués par les images, les pouvoirs organisateurs de l’établissement n’ont pas fait dans la dentelle : soit l’institutrice remettait sa démission, soit ils entamaient une procédure de licenciement. Face à la pression, la jeune femme a préféré démissionner.
Si le comportement de l’institutrice paraît à tout le moins léger – comment a-t-elle pu imaginer un seul instant que ces photographies allaient passer inaperçues ? –, son geste reste du domaine de la vie privée. Fallait-il, dès lors, le sanctionner aussi lourdement ?

Dignité... Ta soeur!

VW Forest liquide 4000 emplois et les responsables syndicaux admirent "la dignité dont font preuve les travailleurs"... Dans le même temps, la direction de Volkswagen annonce qu'elle comprend la réaction du personnel après l'annonce de la restructuration, mais souhaite "un retour le plus rapide possible à une situation calme, afin que la production de 2006 puisse reprendre". Je ne sais pas pour vous, mais moi, le mot dignité, il commence à me pomper sérieux!

mercredi, novembre 22, 2006

Le grand écart de Google

Défenseur acharné de la vie privée de ses utilisateurs américains, Google se montre moins regardant en Chine où il accepte de censurer son moteur de recherche

« Droit de l’homme », « Tibet » ou « démocratie » n’évoquent rien à la version chinoise du moteur de recherche Google. Pas le moindre petit frétillement dans les liens, aucune adresse ne semble trouver grâce à ses yeux. Et pour cause! Le géant américain de l’Internet a fait savoir que, pour pouvoir travailler dans le Céleste Empire, il avait, «en application avec la législation et la réglementation locale, retiré certains contenus des résultats de recherches obtenus sur Google.cn ». En termes moins diplomatiques, Google se censure et accepte de verrouiller l’accès à des sites interdits par les autorités.
On a pourtant connu la société californienne moins souple avec d’autres pays des dans lesquels elle dispose d’une version locale de son site. Ainsi, Google ­- la marque la plus influente de la planète, selon un sondage de la firme Interbrand - a refusé de donner suite aux requêtes du département américain de la Justice lui demandant de fournir la liste de certains sites (pédophiles) visités depuis son moteur de recherche. Pour l’association Reporters sans frontières (RSF), la position de Google sur le respect de la confidentialité des internautes américains apparaît comme un « comble d’hypocrisie à la lumière de sa stratégie chinoise ». Dans un communiqué, Google a fait savoir que « si filtrer l’information va à l’encontre de ses principes, il serait bien pire de ne pas fournir d’information du tout aux internautes chinois ». D’autant que MSN et Yahoo! n’ont jamais eu de scrupule en la matière. Selon RSF, Yahoo! collabore depuis trois ans déjà avec les services de censure locaux. Google, Microsoft et Yahoo ! vont d’ailleurs l'objet d'une enquête menée par un comité du Congrès américain sur la censure de leurs services Internet en Chine. En attendant, l’internaute chinois pourra toujours trouver ses informations en utilisant des méta-moteurs. En sous-traitant leurs requêtes vers plusieurs sites de recherche, ceux-ci empêchent l’identification de l’utilisateur.

Loin de son image d’entreprise éthique et cool, Google joue sans état d’âmes la carte du business dans le dossier chinois. Alors qu’aux Etats-Unis l’entreprise sait qu’elle doit tenir compte de l’avis des utilisateurs – un récent sondage montre que 40 % des utilisateurs quitteraient Google s'ils avaient la preuve que leurs recherches en ligne ne restent pas anonymes –, elle n’oublie pas qu’il lui faut absolument entrer dans les bonnes grâces du pouvoir chinois pour espérer percer dans un marché où la barre des 111 millions d'internautes vient d’être dépassée. Quitte, par la suite, à modifier sa politique de collaboration avec les autorités de Pékin. Sur Google, le mot pragmatique donne 3 millions de résultats et moi, et moi, et moi. J’y pense et puis j’oublie …